Nouvelle résidence pour le CRDJ sur l’année 2010 : la contrebassiste, improvisatrice et compositrice Hélène Labarrière.


Résidence artistique 2010
Musicienne au parcours confirmé, elle propose dans le cadre de quinze concerts une démarche artistique qui la mène vers des rencontres et des projets très ouverts : des textes de l’artiste antillais Roland Brival, du slam de Djiz et D’de Kabal au chant de Violaine Schwarz ou Rodolphe Burger en passant par son association avec le violoniste breton Jacky Molard ou des musiciens de jazz actuel tels que François Corneloup, Hasse Poulssen, Christophe Marguet ou encore Simon Goubert.

Cette artiste exemplaire aura aussi à cœur de partager son savoir avec de jeunes musiciens mayennais de la région dans le cadre d’ateliers de pratique, de rencontrer des collegiens de St Herblain, des lycéens sarthois via les actions de l’Europa Jazz Festival et de travailler tout au long de la prochaine saison avec des étudiants du Cefedem Bretagne Pays de la Loire.

Pour cette cinquième résidence, le CRDJ a donc choisi le métissage artistique autour d’une femme dont la préoccupation créative est au cœur de cette nouvelle aventure humaine.

Mer 27 janvier • À la Dérive (Violaine Schwarz / Hélène Labarrière)
Musée des Beaux Arts - Les Sables d'Olonne - Vague de Jazz 06 79 93 48 04 - www.vaguedejazz.com

Sam 3 juillet • Hélène Labarrière / Rodolphe Burger duo
St Herblain - Soleils Bleus - Onyx la Carrière 02 28 25 25 00 - www.onyx-culturel.org

Dimanche 8 aout • Trio + (Hélène Labarrière / Didier Petit / Guillaume Roy)
Espace du Clouzy - Longeville s/mer - Vague de jazz 06 79 93 48 04 - www.vaguedejazz.com

Jeudi 12 août • Jacky Molard quartet (Jacky Molard /Hélène Labarrière / Yannick Jory / Janick Martin)
Maison Forestière - La Tranche s/Mer Vague de jazz 06 79 93 48 04 - www.vaguedejazz.com

Vendredi13 août • Jacky Molard quartet (Jacky Molard / Hélène Labarrière / Yannick Jory / Janick Martin)
Théatre de Verdure - Les Sables d'Olonne - Vague de jazz 06 79 93 48 04 - www.vaguedejazz.com

Samedi 28 & dimanche 29 août • "La souris verte" Hélène Labarrière solo
Nantes - RDV de l’Erdre - 02 44 73 43 40 - www.rendezvouserdre.com

Dimanche 29 août • Hélène Labarrière quartet "Les temps changent"
(Hélène Labarrière / François Corneloup / Christophe Marguet / Hasse Poulssen)
Nantes - RDV de l’Erdre - 02 44 73 43 40 - www.rendezvouserdre.com

Mercredi et Jeudi 13&14 octobre • À la Dérive (Violaine Schwarz / Hélène Labarrière)
St Nazaire - le fanal - 02 40 22 91 36 - www.lefanal.fr

Samedi 20 novembre • Hélène Labarrière / Rodolphe Burger duo
Changé - Les Ondines - 02 43 23 78 99 - www.lesondines.org

Vendredi 19 novembre • Hélène Labarrière / Rodolphe Burger duo
Cholet - Jardin de Verre - 02 41 65 13 58 - www.jardindeverre.fr

Jeudi 25 novembre • François Corneloup Trio (François Corneloup / Hélène Labarrière / Simon Goubert)
Guérande - Athanor - 02 40 24 73 73 - www.ville-guerande.fr

Mardi 30 novembre • Hélène Labarrière solo
La Roche S/Yon - CRD La Roche / Vague de Jazz - 02 51 47 48 91 - www.vaguedejazz.com

Mercredi 3 décembre • Trio + (Hélène Labarrière / Didier Petit / Guillaume Roy)
Nantes - Pannonica - 02 51 72 10 10 - www.pannonica.com


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Hélène Labarrière
par elle-même

Je suis née le 23 octobre 1963 à Neuilly-sur-Seine. En fait ma maman est allée accoucher dans cette ville, mais on habitait à Clichy-sur-Seine, banlieue très populaire, en tout cas à l’époque. Je suis la petite dernière de la famille. Avant moi, 4 grands garçons — Dominique, Jean-Louis, Christian et Jacques. Ce sont eux qui dans les années 70 ont progressivement introduit la musique dans la maison. D’abord des disques et puis bientôt des instruments et notamment un piano. C’est comme ça que tout naturellement j’ai commencé la musique : par l’étude du piano dès l’âge de 7 ans (de toute façon, moi tout ce qui m’intéressait, c’était de faire de la danse !). Mais bon finalement à l’adolescence, je me décide pour la musique. Mais là, problème ! Le piano est pris en permanence. Par mes deux frères Jacques et Christian, mais aussi par ma mère qui en a profité pour s’y remettre après 30 ans sans pratique.

Bref sur un coup de tête je décide d’apprendre la contrebasse. Il faut dire qu’à ce moment-là, j’ai 16 ans et mes frères m’ont fait écouter toute sorte de musique : de la pop bien sûr, mais aussi de la musique classique et (surtout) du jazz. Ce n’est pas un contrebassiste en particulier qui m’intéresse alors mais bien la fonction de l’instrument, toujours présent, indispensable — sans être nécessairement visible (enfin, façon de parler)…

Après cela, tout va finalement s’enchaîner assez vite : quelques années d’études au conservatoire, beaucoup de soirées à écouter de la musique ici et là, dans les clubs mais aussi en concerts - finalement l’apprentissage se fait plus au fil des rencontres, au gré des discussions avec les autres musiciens. Pas vraiment de premier groupe à l’époque, mais des boeufs, et des premiers petits gigs dans des cafés, des restaurants, avec notamment un guitariste, Pierre Brunel qui joue des standards et qui, on peut le dire, a “formé” beaucoup de jeunes contrebassistes à ce moment là (Dominique Lemerle, Jean Bardy, Philippe Dardelle…). D’une manière générale, je crois avec le recul avoir découvert la musique en la vivant — en la jouant et en écoutant un grand nombre de musiciens de la scène hexagonale et internationale… Une approche essentiellement basée sur l’affectif et l’humain. La découverte des fondateurs s’est faite bien plus tard, par les disques.

1983, la politique est à la rigueur… C’est l’heure des premières rencontres. Marie-Ange Martin, avec qui nous créons le premier et unique groupe de femme auquel j’ai participé jusqu’à présent : “Ladies First” avec Micheline Pelzer et Dominique Borker. Le jour de mes 20 ans, je joue avec ce groupe au Petit Opportun, club parisien dans lequel je passerai de nombreuses nuits à accompagner des musiciens français comme Alain Jean-Marie, André Villéger, ou encore Gérard Badini (qui m’engage dans son orchestre “Swing Machine”), mais aussi des musiciens américains de passage à Paris — Slide Hampton, Art Farmer, Johnny Griffin, Lee Konitz (avec qui je vais enregistrer mon tout premier disque — pas mal pour un début non ?). Je fais rapidement partie des contrebassistes qu’on appelle pour jouer les standards ici et là. Ici et là c’est surtout à Paris dans les nombreux clubs de l’époque : le Sunset, le Magnetic Terrasse, le Furstenberg, le Montana, le Caveau de la Huchette… Les endroits ne manquent pas — ni pour jouer ni pour écouter les copains.

Tout ce temps, j’apprends à jouer, à faire mon “métier” de contrebassiste. Pas à l’école mais sur le tas, avec mes aînés. Et puis inévitablement les premières interrogations pointent : je joue les standards, le Be Bop et en même temps je commence à découvrir d’autres formes de musique — les musiciens de ma génération jouent déjà leurs compositions et cherchent leur propre univers. Un détonateur : la découverte de Charlie Haden — cette façon radicalement différente pour moi de jouer de l’instrument, de se placer dans un orchestre. Inévitablement d’autres liens se tissent.

1986, un gros nuage ne passe pas au-dessus de nos têtes… Nouveaux projets, nouvelles rencontres, nouvelles expérimentations. 2 groupes très importants : Eric Barret 4tet (avec Marc Ducret et Peter Gritz) ; et Malo Vallois 5tet (avec Charles Schneider, Richard Foix, et Peter Gritz). Premiers contacts avec des conceptions plus vastes et libres de l’improvisation ; premières compositions personnelles ; premières prises de consciences de ce que peut-être un « choix musical ». Et puis c’est la rencontre déterminante avec le batteur Daniel Humair, avec toutes les questions que peut se poser un(e) très jeune contrebassiste face à un musicien de cet envergure… C’est une expérience essentielle, enrichissante autant qu’inquiétante — je me pose beaucoup de questions alors, auxquelles je ne trouve pas toujours de réponses !

1989, la chute du mur… Une expérience avec le Vienna Art Orchestra. Les premiers contacts avec la scène européenne : des musiciens comme Wolfgang Puschnig, Wolfgang Reisinger, Klaus Dickbauer, Co Streif, me font découvrir encore d’autres horizons. Et puis en 1991, c’est la création d’Incidences, un collectif qui regroupe des musiciens montreuillois. Un moment important puisqu’on trouve (entre autres) dans ce groupe : Jean-Marc Padovani (avec qui je vais parcourir le globe), Sylvain Kassap, François Corneloup et Franck Tortiller qui au détour d’une discussion me propose une carte blanche au Festival de Couches. C’est à cette occasion que je me lance et forme mon premier groupe, Machination. On est en 1993. Machination, c’est Noël Akchoté, Ingrid Jensen, Corin Curschellas et Peter Gritz. Des choix musicaux s’affirment (le nom du groupe, Machination, est un hommage direct à Robert Wyatt). Le tournant est décisif dans ma carrière : j’expérimente les responsabilités du leadership, ce qui a pour effet de faire évoluer mon image dans le milieu (je sens changer à la fois le regard que je porte sur moi même et celui que lis dans les yeux des autres)… J’écris de la musique pour la première fois —une grande suite où l’improvisation se mélange avec quelques mélodies ; je choisis d’intégrer une chanteuse au groupe mais pas de chansons dans le répertoire : j’ai l’impression pour la première fois de faire de vrais choix artistiques et esthétiques. Cette aventure va me permettre de me produire dans beaucoup de festivals (Banlieues Bleues, La Villette, Europa jazz festival, Jazz sous les pommiers). Et en 1995 de sortir un disque sur le label Deux Z. Mon premier en leader.

A partir de ce moment-là , les projets vont se succéder à un rythme soutenu. Je participe notamment à l’aventure d’"été” d’Yves Robert, et débute une collaboration (toujours aussi vivace à ce jour !) avec Sylvain Kassap : un premier 4tet (« Strophes ») voit alors le jour (qui se déclinera par la suite sous forme de nombreux concerts en duo, et aboutira à un second 4tet (« Boat ») — mais là j’anticipe…). Novembre 1996, c’est le 60ème anniversaire de la mort de l’anarchiste espagnol Buenaventura Durruti et Jean Rochard, le créateur du label Nato, décide de lui consacrer un disque hommage en un projet collectif fédérant un grand nombre d’artistes et de musiciens venus de tous horizons. Je suis conviée à la fête. Cette rencontre est capitale. Elle m’embarque dans une longue suite d’aventures toutes plus passionnantes les unes que les autres. Le Collectif “Los Incontrolados”, issu en partie de la nébuleuse d’artistes réunis à l’occasion du disque « Durruti », est fondé avec comme projet de mettre en musique un texte d’insoumission écrit par un incontrôlé de la « Colonne de fer » (la création du spectacle a lieu au festival Sons d’Hiver en 1999). Je rencontre de nombreux musiciens anglais comme Tony Hymas et Evan Parker à cette occasion. C’est une époque de créativité intense, entremêlant la politique, la poésie et tout un tas d’autres formes d’expressions (je me souviens par exemple d’ un beau concert avec le dessinateur Moebius). Je me sens comme à la croisée des chemins…

Comme une parenthèse précieuse et inattendue vient alors s’ouvrir l’espace d’un projet « à deux », émouvant et nécessaire. De travailler ainsi à partir de textes m’a rapproché de mon frère Jacques, musicien également, pianiste et compositeur. Nous décidons de travailler ensemble à un disque mêlant improvisation et poésie, basé sur une sélection de textes de notre frère Dominique prématurément disparu. De nombreux artistes — musiciens (Benoît Delbecq, Guillaume Orti, Bruno Chevillon…), comédiens (Cristine Combe, Hubertus Biermann) et rappeur, D’ — sont conviés à participer à cet hommage. 2000, un nouveau siècle. Encore et toujours des nouveaux projets — de nouvelles confrontations. C’est très naturellement que je commence à travailler avec des chorégraphes comme Cécile Borne ou Georges Apaix, mais aussi des compagnies de Théâtre comme “Les Archarnés” de Mohamed Rouabbhi, Irakli. De plus en plus à l’aise à la frontière des choses, j’aime passer d’un ensemble de musique contemporaines comme Ars Nova, à des performances en compagnie de slammers comme D’ ou Dgiz. Parallèlement de nouveaux groupes font appels à mes services : j’intègre le groupe ”L’amour” d’Alex Grillo ; le nouveau quartet de Sylvain Kassap, « Boat » ; le nouveau Nonet de Denis Colin. Je fais également une rencontre inattendue via les frères Molard, avec l’univers de la musique bretonne (je participe à leur projet “Bal Tribal”). A cette occasion je renoue avec un élément musical que je n’ai jamais perdu de vue dans la pratique de l’improvisation, mais que j’ai expérimenté d’une autre manière : le groove, la transe, toutes ces notions rythmiques centrales dans le jazz de mes débuts.

En 2005, je sens la nécessité de faire le point sur toutes ces expériences. Monte alors le désir de jouer en solo. En fil rouge quelques chansons et c’est le grand plongeon. Et puis toujours de l’inattendu : un nouveau quartet passionnant avec le violoniste Jacky Molard (toujours la croisée des chemins…), un duo avec la comédienne et chanteuse Violaine Schwartz, autour de chanson réalistes du début du 20e siècle. L’aventure continue…

Et, les temps changent
2007, “ Les temps changent “ : c’est le titre de mon nouveau projet — 10 ans après Machination. Un nouveau 4tet avec François Corneloup, Christophe Marguet et Hasse Poulsen — l’amitié, les expériences partagées (ensemble et séparément), la nécessité de construire encore et toujours… D’aller de l’avant… Avec gourmandise…(à suivre)

Discographie sélective
Hélène Labarrière « les temps changent » (Emouvance – 2007)
Jacky Molard Acoustic Quartet (Innacor – 2007)
Sylvain Kassap « Boat » (Evidence – 2004)
Marc Ducret « Qui parle ? » (Sketch – 2003)
Sylvain Kassap / Hélène Labarrière « Piccolo, 17.X.2001 » (Evidence – 2001)
Alex Grillo « L'Amour – Tome 1 » (La nuit transfigurée – 2001)
Yves Robert « été » (Deux Z – 1999)
Stations avant l'oubli (Quoi de neuf Docteur – 1998)
Sylvain Kassap « Strophes » (Evidence – 1998)
David Chevallier « (music is a) noisy business » (Deux Z – 1998)
Buenaventura Durruti (Nato – 1996)
Hélène Labarrière « Machination » (Deux Z – 1994)
Peter Gritz « Thank you to be » (Charlotte Records – 1994)
Eric Barret Quartet « L'échappée belle » (All that blue & Dejazet - 1992)
Eric Barret Quartet « Vega » (Carlyne – 1989)
Malo Vallois Quintet « Dans les arbres » (Pan music – 1990)
Lee Konitz « Medium Rare » (Label Bleu – 1986)

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Dès sa création en 2001, le CRDJ a souhaité proposer aux acteurs du réseau la possibilité d'accueillir en résidence sur une période longue, un musicien de notoriété nationale voire internationale. Cette résidence s'appuie sur les acteurs du réseau CRDJ et des partenaires des structures locales (conservatoires, écoles de musique, collèges, lycées, universités, centres de formation etc...). La résidence associe une démarche artistique et un projet d’éducation artistique et culturelle. Elle s’inscrit sur une durée moyenne d'une année minimum, afin de permettre aux différents publics de découvrir le processus de création d’une oeuvre, d’expérimenter une démarche artistique unique et de nouer des liens privilégiés avec l’artiste. La résidence permet l'expérimentation d’autres formes d’apprentissage, en stimulant l’intelligence des élèves lors d'interventions de l'artiste en milieu scolaire par exemple ou en proposant au sein des écoles de musiques et conservatoires de découvrir "au plus près" l'environnement de l'artiste. Au delà la simple présence de l'artiste sur le territoire, la résidence se donne également pour objectifs de développer des liens avec le territoire et l’environnement local autour de projets de création et de diffusion. Ainsi, David Chevalier, Denis Colin, Andy Emler, Claude Tchamitchian ou encore Denis Charolles ont été accueilli sur notre territoire pour des expériences musicales savoureuses et inédites.


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